La sélection albiceleste est encore une fois passée à côté d’un titre. Sans consécrations depuis la Copa America 1993, l’Argentine meurt petit à petit. Depuis, l’équipe n’a plus jamais atteint les quarts de finale d’une Coupe du Monde et a perdu deux finales sud-américaines (en 2004 et 2007). Basile, Passarella, Bielsa, Pekerman, Maradona et maintenant Batista, aucun d’eux n’ont réussi à rompre le maléfice.
L’équipe ciel et blanche est chargée d’un sacré lest depuis toutes ces années où se sont accumulés espoirs et désillusions. Après la conquête de la Copa de 1993, c’est tout un peuple qui attend et qui gronde. Une disette de 18 ans qui courre toujours, se nourrit d’échecs, salit la riche histoire du pays, et nous invite à la réflexion.
Rien depuis Batistuta
Le doublé de Gabriel Batistuta devant le Mexique au stade Monumetal de Guayaquil (Equateur) reste le dernier souvenir d’une Argentine vainqueur. Ce 4 juillet 1993, l’équipe d’Alfio Basile a célébré le titre et avait surtout consolidé ce doux rêve d’une victoire mondiale deux ans plus tard aux Etats-Unis. C’est là-bas qu’a commencé ce douloureux calvaire rempli de désagréments et de mauvais souvenirs. A quelques heures d’avion, l’équipe argentine s’est écroulée après la découverte d’un Dieu dopé. La Roumanie n’avait plus qu’à finir le travail en huitièmes de finale (3-2, buts de Dumitrescu (x2) et Hagi contre Batistuta et Balbo).
Basile est parti et le dictateur Daniel Passarella (capitaine mythique de l’Argentine victorieuse en 1978) prend les rênes de la Sélection qu’il dirige d’une main de fer. Mais cette rigueur ne fait pas des miracles et l’Argentine sort par deux fois des championnats sud-américains 1995 et 1997. Toutefois, grâce à un joli parcours en qualification, c’est lui qui emmène les joueurs en France pour le Mondial 98. L’Argentine sortira du tournoi au terme du plus beau match de l’édition ; c’était au Vélodrome contre les Pays-Bas de Dennis Bergkamp.
C’est Marcelo Bielsa qui apparait ensuite sur le banc. Celui qu’on appelle El Loco ne va pas préparer comme il se doit le Mondial suivant puisqu’il est éliminé en quart de la Copa América par le rival brésilien (on se souviendra surtout du match contre la Colombie où Palermo rate trois pénos dans le même match). En 2002, comme pour la France, le parcours coréen de l’Albiceleste sortie trop tôt, sera vécu comme un traumatisme important, une blessure qui ne cicatrise pas.
Malgré l’échec cuisant en Asie, Bielsa continue jusqu’en 2004 et a même été près de soulever la Copa sud-américaine s’il n’avait pas eu encore sur leur chemin ces brésiliens de malheur.
Sous l’ère José Pekerman, la sélection a échoué en quarts de finale du Mondial de l’Allemagne 2006 face aux locaux. L’année d’après, l’histoire n’a pas changé : l’Argentine fait le quasi sans-faute jusqu’en finale où le Brésil ne prend toujours pas son plus grand rival en pitié.
Au moins, entre la France et l’Italie, on sait alterner.
Ni Maradona ni Messi
Avec le peuple de son côté, Maradona a eu la possibilité de changer la donne. Son équipe a joué, a plu, a enthousiasmé le début du Mondial Sud-africain avec une jeu porté sur l’offensive, mais l’Allemagne a coupé l’élan de l’équipe de Diego avec un cinglant 4-0. L’opportunité était belle pourtant, qui d’autre que Dieu lui-même pouvait briser cette malédiction ?
Ce week-end, Sergio Batista a été loin de montrer qu’il avait la solution pour remporter enfin un titre avec la Sélection. Chez eux, les argentins ne verront pas les demies. Ils pourront s’en vouloir, puisque dans le même temps, le bourreau naturel brésilien s’est lui aussi fait éliminer…
Au milieu de toutes ces faux pas et désillusions, seuls le titre mondial des moins de 20 ans et les deux médailles d’or aux J.O d’Athènes 2004 et de Pékin 2008 peuvent encore redorer le palmarès argentin. Mais pour que le maillot rayé soit à nouveau empli de gloire et de titres, encore faut-il trouver le moyen de faire briller ses plus belles figures. Messi, Agüero, Tevez, autant d’étoiles sur lesquelles l’on compte au pays.
L’inconnue réside à présent au projet d’ El Checho qui vient d’être confirmé à son poste. Ce travail a long terme va-t-il finir par payer ? En 2014, au Brésil, Batista et Messi feront tout pour ramener la plus belle des coupes des terres les plus hostiles.






