Jusqu’au bout de l’ennui

 
De la revanche dans l’air dans la Donbass Arena. La dernière confrontation remonte à la Coupe du Monde 2010, l’Espagne sur un but de David Villa l’avait emportée. Mais ça, c’était avant de remporter le titre suprême. Ce soir, c’est l’Espagne à qui il manque son match référence de l’Euro qui rencontre le Portugal monté en puissance. Avec Nani et Cristiano Ronaldo très énervés, la Roja a de quoi s’inquiéter, surtout avec le novice Negredo en pointe. Remarque, de ce côté-là, entre un Postiga blessé et un Hugo Almeida en surpoids, les portugais n’ont rien à leur envier.

Rien à déclarer

Début de partie équitable comme on dit chez nous. Les courses de Ronaldo répondent au jeu collectif espagnol, avec comme acteurs principaux Silva et Iniesta. Aucune action dangereuse à savourer. Les joueurs de Paulo Bento pressent intelligemment des vendeurs de chorizo qui ne rentrent plus dans la surface portugaise depuis la 30ème. Moment choisi par Moutinho pour dérober le ballon à la défense et le transmettre à Ronaldo qui voit sa frappe tendue frôler le poteau droit d’Iker. Ce sera mes amis la seule occasion de cette mi-temps où le véritable intérêt aura résidé dans les choix de l’arbitre turc Cüneyt Çakır. À deux reprises, il oublie de siffler des fautes sur les flèches Ronaldo et Nani, avant d’oublier l’avantage au profit du mancunien qui filait seul au but. Qu’aurait dit Ménez ? En tout cas Thierry je sais, il dirait : « Honnêtement, ne croyez-vous pas qu’il y a autre chose qu’un arbitre turc pour arbitrer un match de cette importance ? » Mea culpa.

Deux à un

Après la pause, l’Espagne fait semblant de dominer avec 57% de possession. Pourtant, ce sont les Blancs qui repartent vers l’avant. Seulement, comme dit Jean Mimi, « Hugo Almeida fait de très mauvais choix ». Premier corner obtenu par les Espagnols à la 52ème. On est loin de la balade de santé de samedi dernier pour les joueurs de Del Bosque. Negredo sort pour Fabregas. Aucun avant-centre de métier. Puis Navas remplace Silva. Rien n’y fait. Je n’ose même pas signaler la frappe plein axe de Xavi. Le Portugal est solide derrière et presse bien devant. Curieusement, on aimerait bien les voir gagner. En tout cas, l’Espagne ne triomphera pas au temps règlementaire. Hugo Almeida fait toujours les mauvais choix. A dix minutes du terme, il rentre se doucher. Pendant ce temps, l’arbitre file deux coups-francs à Cristiano qui les envoie au-dessus. Le madrilène manque la balle de match juste avant la fin. Sur un contre de Meireles qui décale à droite le roi du Pento, ce con attend trop avant de frapper au loin des cages. Fin du match. 2 à 1 pour les portugais au nombre de frappes cadrées.

Un match d’hommes et de défenses comme le souligne Jean-Michel Larqué. C’est vrai, et c’est bien chiant. Mais il ne faut pas oublier la médiocrité offensive qu’on peut attribuer aux deux sélections. Alors on se demande seulement durant ces prolongations, qui va contrer le premier. Larqué et Balbir répètent sans relâche dès qu’Iniesta a le ballon qu’il va faire la passe dé’. Et ils ont failli avoir raison les cons. À la fin de la première prolongation, Pedro sombrerone deux portugais avant de centrer pour Andrès lancé qui reprend mais Patricio détourne. Les espagnols se sortent les doigts, en témoigne ce service de Arbeloa dans la surface pour Navas dont la frappe contrée est stoppée. C’est Pedro dans la foulée qui fort d’une longue course se fait rattraper in-extremis dans les 16 mètres. Pedro insiste, Pedro est bien là. L’entrée de deux joueurs portugais pendant la seconde prolongation (encore mieux que Laurent Blanc le coaching), n’aura pas donné l’énergie nécessaire pour surprendre la défense ibérique. On s’est un peu moins fait chier. On n’a droit à la deuxième séance de tirs au buts d’affilée.

La chatte, la chatte putain

Elle débute par le Rui Patricio show qui arrête le premier penalty, et ça se termine par un tir décisif de Fabregas, 4-2. Ronaldo n’aura même pas eu le temps de tirer en dernier, et il peut s’en vouloir. Bruno Alves et Moutinho s’étant chargés de rater leurs tentatives. On connaît désormais l’affiche de cette finale de l’Euro 2012, ce sera Espagne-Allemagne ou Espagne-Italie.

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