Eduardo Vargas, Napo(chi)li
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Voilà plus d’un an que nous n’avions plus parlé de football chilien et du titre de champion 2010 de la Católica . Cette année, une seule équipe a régné sur le pays le plus « long » du Monde : l’Universidad de Chile. Le club entrainé par Jorge Sampaoli a remporté le tournoi d’Ouverture, la Copa Sudamerica (l’équivalent chez nous de l’Europa League) et tout récemment le tournoi de Clôture national.
Et s’il y en a un qui a su se distinguer durant toute cette campagne sud-américaine, c’est bien Eduardo Vargas.
Quand Vargas rime avec Salas
À seulement 22 ans, l’attaquant a écrit une page dans le livre des records de la compétition continentale en inscrivant le plus grand nombre de buts avec 11 réalisations à son compteur, surpassant le précédent record établi par Humberto Suazo avec 10 pions. De fait, il s’est attiré les convoitises des plus grands clubs européens, et c’est finalement le Napoli qui a trouvé les arguments pour faire signer l’international chilien. Nombreux sont ceux qui le compare à son illustre prédécesseur: Marcelo Salas.
Et la comparaison n’est pas scandaleuse. Sur la forme déjà : comme El Matador, Vargas est un enfant de la U (Salas est considéré comme un des plus grands héros du club après avoir gagné le titre de 1994 et par la même mis fin à 25 ans de disette), et comme Marcelo, il traverse l’Atlantique pour le championnat italien (Salas a passé trois saisons à la Lazio puis deux à la Juve). Et sur le fond aussi : dans la finition, Edu est tout aussi chirurgical, et son positionnement est des plus méticuleux.
Ce qui le distingue des autres avant-centres latinos qui – quoi qu’on en dise – nous excite, nous autres européens, avides de Samba et de gestes techniques venues du Nouveau Monde, c’est son incroyable vitesse et la justesse de ses dribbles, la capacité de créer quelque chose à partir de rien.
Aucun but n’illustre mieux cela que son second but contre les équatoriens de la LDU de Quito dans le match retour (gagné 3-0 après une victoire aller 1-0) de la finale de la Sudamericana.
Des bidonvilles de Renca au San Paolo de Naples
La vie n’a pas toujours été simple pour le natif de Santiago. Originaire de la banlieue de Renca, l’un des secteurs les plus pauvres de la capitale, il n’a jamais pu prétendre à un centre de formation ou quelconque académie. Mais un jour de 2006, lorsqu’il est élu meilleur buteur d’un tournoi amateur, il attire l’attention du club de Deportes Cobreloa – là où la carrière de Alexis Sánchez a commencé. Il fait ses débuts professionnels la même année, à 17 ans, et deviendra vite un incontournable dans l’équipe première durant ses trois saisons chez les oranges. En cette même période, le sélectionneur national Marcelo « El Loco » Bielsa l’intègre à l’équipe du Chili vice-championne et championne du Tournoi de Toulon, éditions 2008 et 2009.
Il est transféré début 2010 à l’Universidad de Chile, devenant ainsi un acteur important dans la folle aventure de la U en Copa Libertadores, éliminée en demi-finale (1-1, 2-0) par les mexicains de Chivas.
Il est à deux doigts de partir en Russie en juin, après la victoire dans le plus gros derby du pays face à la Católica synonyme de sacre national (tournoi d’Ouverture ou Apertura). Au CSKA Moscou plus précisément, seul club européen à avoir proposé environ 6,5 millions d’euros. Mais contrairement aux mauvaises habitudes locales qui tendent à laisser partir leurs pépites à la vue des premiers billets, les dirigeants ont décidé de garder Edu à bord. Résultat : deux nouvelles couronnes pour le club et un transfert vers Naples évalué à 13 millions d’euros soit (bravo tu sais compter) le double de sa valeur le semestre passé.
Afin de partir du pays en paix, Vargas a offert un quinzième titre de champion à l’Universitad de Chile, et son dernier but sur le continent américain a de quoi faire saliver les supporters partenopei et faire peur à Lavezzi, blessé pour la reprise en Serie A.







